venerdì 6 gennaio 2012

La folie selon Foucault








Catherine Clément,«Mémoire», Stock 2009

En 1961, l'année où j'écoutais délirer les patients à Sainte-AnneMichel Foucault soutint à la Sorbonne sa thèse de doctorat qui devait devenir un ouvrage admirable, «Histoire de la folie à l'âge classique». L'amphi de physique était bondé, l'événement était considérable et j'eus la sensation d'assister à un bouleversement de la pensée. De sa voix un peu mate tranchante comme une lame, Foucault décrivait comment l'internement fut introduit en France sous Louis XIV Dans l'espace prisonnier de l'Hôpital général, la police internait les mendiants, les errants, les rebelles, les libertins; fers aux pieds, enchaînement. Et quand la Révolution française eut déchaîné solennellement les fous, la psychiatrie les enchaîna autrement, relayée, disait Michel Foucault, par la psychanalyse.
Si je m'étais précipitée dans l'amphi de Physique pour écouter Michel Foucault, c'était à cause du cirque de Sainte-Anne et de cette vieillerie d'avant-guerre, trop semblable aux folies criminelles dont nous avions été témoins pendant la guerre. Je n'étais pas la seule. Pendant quelque dix ans, peut-être davantage, tous les agrégatifs de philosophie connurent les jeux du cirque. Et tous en furent frappés. Je ne vois pas d'autre raison au succès immédiat du courant antipsychiatrique, qui, venu d'Angleterre, déferla sur la pensée française des années soixante-dix.

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