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martedì 30 luglio 2013

Foucault inédit: la spiritualité politique @ revue rodéo 2



Vous l’aurez noté en couverture : ce deuxième numéro de rodéo recèle en ses pages un document exceptionnel… Cadeau infiniment précieux, dont nous pourrions dire, en prenant au mot une pensée qui élabore une philosophie de l’événement, que nous le devons à un « accident » de l’Histoire : rien, évidemment, ne destinait rodéo à devenir l’éditeur même ponctuel d’un texte de Michel Foucault !

Et pourtant, sous forme de puzzle :
A. la vie de l’un des rédacteurs de rodéo, la mienne, à cheval entre la France et le Liban ;
B. dix ans plus tôt, diverses rencontres beyrouthines à l’occasion d’une étude universitaire sur une revue libanaise (« une revue revue : L’Orient-Express », rodéo n°1) ;
B’. parmi ces rencontres, des amitiés qui se tissent, avec notamment un philosophe/poète/éditeur, Farès Sassine ;
C. une conversation quotidienne, à Beyrouth, à laquelle participait aussi l’artiste Laure de Selys, présente dans ce numéro de rodéo, au cours de laquelle Farès nous apprend, sans aucun effet d’annonce, qu’en août 1979, aux lendemains de la révolution iranienne, alors qu’il venait d’achever sa thèse de philosophie à la Sorbonne et gagnait sa vie d’étudiant en proposant des articles aux journaux arabes paraissant à Paris, il a interviewé Michel Foucault… Et que la K7 est chez lui, sans personne pour l’écouter depuis 33 ans ;
D-1. 2010-2011 : Foucault si loin si proche, déjà nous le cherchions, et notre lanterne avait pris la forme d’après-midis de lecture collective, à Lyon, qui réunissaient certains des futurs fondateurs de rodéo ;
D. Dernier élément du puzzle : rodéo bien sûr, revue naissante, dont le geste serait de précipiter ensemble des territoires hétérogènes de sensations et de pensées.

Cadeau infiniment précieux puisqu’il nous offrait – après que nous avons réussi à dompter les peurs liées à nos capacités éditoriales de jeune revue – la possibilité d’accomplir ce geste avec une puissance… inédite : faire cohabiter cette parole philosophique avec d’autres langages, artistiques, photographiques, scientifiques, littéraires, politiques, picturaux, etc., et par là composer et orchestrer des chocs entre des champs de réflexions et de pratiques parfois cantonnés en tant que « catégories » dans des espaces-temps séparés : jeunes chercheurs, photographes militants, plasticiens géologues, avocats musiciens, écrivains cinéastes, philosophes artistes, universitaires poètes… une revue-vecteur.

Un très chaleureux merci à Farès Sassine donc, pour nous avoir remis cette archive à la fois personnelle et historique, et pour nous avoir fait confiance sur les choix, les décisions délicates qu’implique la publication posthume de propos inédits d’un homme dont la renommée est immense et qui nous laisse en héritage une pensée polémique dans le double sens qu’elle continue d’abord d’accompagner aujourd’hui nombre de combats, nombre de travaux, nombre d’hommes et de femmes qui cherchent à traquer les failles sous les représentations trop ordonnées du monde, et aussi de susciter des passions, des interprétations contradictoires, parfois à la défaveur de son auteur, qui, à trop jouer avec le feu, se serait « compromis ».

Le reportage iranien de Michel Foucault est parmi les chantiers les plus controversés du philosophe généalogiste. Il appartient aux spécialistes de sa pensée de juger si cet entretien invite à réouvrir le débat sur la place que les « textes iraniens » de Foucault occupent dans son corpus philosophique ainsi que sur la pertinence et l’effectivité de la méthode et des analyses qu’il développe à l’occasion de son reportage en Iran.

À tout le moins, les propos que Foucault tient ici sur les modalités, intellectuelles, sensibles, historiques, de surgissement d’abord et d’appréhension ensuite de l’« événement », dessinent pour nous – qui avions déjà tenté, dans le premier numéro de rodéo, de nous saisir de la « révolution » tunisienne – comme des repères pour continuer de nous construire, en tant qu’individus politiques, au contact de l’actualité des pays arabes.

Si les « révolutions » de 2011 ont réouvert l’avenir – prometteur et/ou sanglant –, c’est notamment, en rendant effectives, pour ceux qui se sont soulevés, leur capacité à le faire, et pour ceux qui ont assisté à ce soulèvement, notre capacité à le voir, à y porter crédit sans soupçon, déjà entaché d’une idée de l’avenir.

Seconde actualité : l’islam bien sûr. Non pas la foi comme moteur cette fois, du moins cela n’a pas été une lecture majoritaire, mais l’islam comme « lieu d’accueil » des lendemains des soulèvements. L’ancrage de certains imaginaires dans la dystopie a entraîné… le regret des dictatures anciennes qui avaient le mérite de contenir l’islamisme… l’effroi devant certaines de ces sociétés tribales incapables de s’unifier dans un projet politique national et démocratique… la crédibilité redoublée du soi-disant oxymore islam - modernité…

Comment se donner les moyens de penser autre chose ? Une attention portée aux usages de l’islam, intimes et collectifs, individuels et publics, ne nous aiderait-elle pas à renouveler le regard porté sur cette religion, ou sur la religion quand elle se mêle de politique, ou sur les grandes distinctions dont la modernité a tracé les frontières ?

Le chantier de Michel Foucault sur la « spiritualité politique », qui est au cœur de l’entretien publié ici, est à ce titre une invitation à rebattre les cartes. Corps, décision, géographie, individu, pouvoir, révolte, singularité, soulèvement, spiritualité, surréalisme, volonté : ce sont les termes qui traversent l’ensemble de ce rodéo n°2, sans que les matières présentées ici en dehors du « dossier Foucault » n’aient cherché à s’y référer.

Que les sensibilités propres à chacune des propositions réciproquement s’éclairent, s’instruisent, s’embrasent, tel est le pari de ce rodéo.

sandra iché pour rodéo



mercoledì 1 maggio 2013

Michel Foucault - Speech Begins after Death - University of Minnesota Press, Usa, 1st March 2013


An interview with Michel Foucault on the problems and pleasures of writing—now available for the first time in English
Speech Begins after Death is a transcript of critic Claude Bonnefoy’s interview with Michel Foucault in which he reflects on his approach to the written word throughout his life, from his school days to his discovery of the pleasure of writing. Never before published in English, this is one of Foucault’s most personal statements about his life and writing.
In 1968, Michel Foucault agreed to a series of interviews with critic Claude Bonnefoy, which were to be published in book form. Bonnefoy wanted a dialogue with Foucault about his relationship to writing rather than about the content of his books. The project was abandoned, but a transcript of the initial interview survived and is now being published for the first time in English. In this brief and lively exchange, Foucault reflects on how he approached the written word throughout his life, from his school days to his discovery of the pleasure of writing.
Wide ranging, characteristically insightful, and unexpectedly autobiographical, the discussion is revelatory of Foucault’s intellectual development, his aims as a writer, his clinical methodology (“let’s say I’m a diagnostician”), and his interest in other authors, including Raymond Roussel and Antonin Artaud. Foucault discloses, in ways he never had previously, details about his home life, his family history, and the profound sense of obligation he feels to the act of writing. In his Introduction, Philippe Artières investigates Foucault’s engagement in various forms of oral discourse—lectures, speeches, debates, press conferences, and interviews—and their place in his work.
Speech Begins after Death shows Foucault adopting a new language, an innovative autobiographical communication that is neither conversation nor monologue, and is one of his most personal statements about his life and writing.

 Michel Foucault (1926–1984) was a French historian and philosopher associated with the structuralist and poststructuralist movements. He is often considered the most influential social theorist of the second half of the twentieth century, not only in philosophy but in a wide range of disciplines in the humanities and social sciences. Among his most notable books are Madness and Civilization, Discipline and Punish, and The History of Sexuality.
Philippe Artières is director of research at the CNRS and president of the Centre Michel Foucault.
Robert Bononno is an award-winning translator of literary and cultural books.
Contents:
Editor’s Note
Introduction: Foucault and Audiography
Philippe Artières
Interview between Michel Foucault and Claude Bonnefoy, 1968
Chronologies of Michel Foucault and Claude Bonnefoy